CHRISTOPH GRAUPNER

(1683-1760) Compositeur

Christoph Graupner naquit la même année que Rameau, deux ans avant J. S. Bach, Handel et Domenico Scarlatti, à Kirchberg, en Saxe. Ses dons et sa passion pour la musique se révélèrent très tôt. Il étudia plusieurs années à
Saint-Thomas de Leipzig où il eut pour maître notamment Johann Kuhnau et comme collègue et ami, Heinichen, son contemporain.

Nous le retrouvons autour de 1706 comme claveciniste à l’Opéra de Hambourg. Il fait représenter quelques ouvrages très bien accueillis du public.

Graupner s’établit à Darmstadt au début de 1709 ; il reçoit le titre de Hofkapellmeister (maître de la musique de la cour) offert par le landgrave Ernst Ludwig de Hesse-Darmstadt en 1711. Il ne tentera plus d’en bouger, sauf en 1723, lorsqu’il pose sa candidature pour succéder à Kuhnau comme Cantor à Saint-Thomas de Leipzig. Il obtient le poste mais le landgrave lui refuse son congé et augmente son traitement, de sorte que c’est Johann-Sebastian Bach qui fut nommé à sa place.

De 1709 à 1754, date où la cécité mit fin à sa production, il écrivit énormément de musique d’église. Jusqu’à la mort du vice-kapellmeister Gottfried Grünewald, son ami chanteur et compositeur († 1739), ils se partagèrent la tâche, puis il poursuivit seul, ce qui eut pour résultat qu’il ne composa pas moins de 1418 cantates sacrées. Il grava aussi de sa main un recueil de 260 chorals avec basse chiffrée pour les églises et écoles de la principauté. Enfin, les soupers et les concerts du prince suscitèrent de la musique de chambre et environ 250 oeuvres orchestrales en plusieurs mouvements : ouvertures, concertos et sinfonies.

Ajoutons à cela que nous ne lui connaissons qu’un seul élève, Johann Friedrich Fasch, qu’il reçut en 1714, et nous ne serons pas surpris qu’en l’absence de toute tradition l’oeuvre de Graupner, pourtant si riche, soit tombée dans l’oubli. Et moins encore si nous évoquons cette circonstance triviale : le litige entre ses héritiers et les princes de Darmstadt, ses employeurs, qui rendit la source même de sa musique – ses autographes – indisponible pendant cinquante-neuf ans. En 1819, le goût musical avait changé et on s’intéressait peu à la musique du passé.

Sa musique est conservée à la bibliothèque du château de Darmstadt jusqu’à nos jours. C’est à la fin du XXe siècle seulement que le trésor de la musique de Graupner a commencé à s’ouvrir au public.

© feu Raymond Joly et Geneviève Soly